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--- VIETNAM ---
 
Mars 2005


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 Vietnam,



VIETNAM... TOURISME EN PAYS COCO !
(23 Mars 2005)


    
Vietnam : le pays des nems, des chapeaux coniques, des rizieres qu’on s’imagine a perte de vue… Pourtant, cette vision plutot bucolique du pays se mele aux images violentes des films de guerre (Apocalypse now, Dien-bien-phu) et aux photos d’Ho-Chi-Minh, le heros de la revolution communiste… Du coup en entrant au Viet-Nam, on ne sait plus a quoi s’attendre. Comment tout ca se melange-t’il aujourd’hui ?

On va decouvrir un pays encore a la frontiere entre 2 mondes, pris entre les necessites du tourisme et la volonte de conserver certains ideaux propres au socialisme… un pays qui offre une variete impressionnante (et parfois tres contrastee) de visages et de paysages.


Vu sa forme allongee, il n’y a pas 36 facons de visiter le Vietnam: il y a ceux qui descendent du Nord au Sud, et ceux qui font l’inverse. Enfin un pays tout simple a parcourir : il n’y a qu’a suivre une direction ! Apres 9 mois de voyage, c’est reposant... Arrivant du Cambodge par le Sud, on va donc remonter les 1600 km de cote le long de la mer de Chine pour arriver a Hanoi au bout d’un mois. Notre ‘Open bus’ tout confort permet de faire des sauts de puce d’un endroit a l’autre, et on choisit notre parcours: Saigon – Mui Ne – Hoi An – Hue – Hanoi, avec dates ouvertes et a un prix derisoire (20$). On reviendra quand meme plus tard sur la notion vietnamienne du confort !




    
Saigon ou Ho-chi-minh-city?
 
Premiere etape : Saigon. Apres la guerre du Viet-Nam et la victoire du nord sur le sud (en 1975), l’ancienne Saigon a ete rebaptisee Ho-chi-minh city par les viet-cong, et les statues ou les portraits de ‘l’oncle Ho’ sont un peu partout, depuis le palais de la reunification jusqu’a la poste centrale ! Dans le bus, un guide nous previent : meme aujourd’hui, si vous parlez de ‘Ho-chi-minh city’ devant un ancien partisan du Sud, vous l’humiliez. Par contre, appelez-la ‘Saigon’ et vous risquez de passer pour un anti-communiste... pas facile. On se contentera de ‘your beautiful city’ pour eviter les problemes !
 
A Saigon, on est frappes par le nombre de souvenirs de guerre qui peuvent se visiter comme des attractions touristiques. Le musee de la guerre exhibe un bon nombre d’horreurs du conflit, depuis les photos parfois insoutenables de populations mutilees jusqu’aux tanks americains, en passant par les analyses sur l’agent Orange et le napalm... Volonte de se souvenir pour les uns, propagande un peu deplacee pour les autres... On a quand meme l’impression que les divisions du pays sont un peu entretenues par cette politique. En tous cas apres ce musee, on est surs de ne jamais oublier cette sale guerre.
 
Au ‘palais de la reunification’ l’atmosphere est heureusement plus detendue : on se croirait revenus dans ‘James Bond contre le Dr No’. Ambiance annees 60 dans le bureau de commandement de secours, avec les appareils d’epoque et les cartes d’etat major (photo)!
 
Enfin, dans la serie des souvenirs de guerre, la palme d’or du mauvais gout revient a Cu Chi. On y visite les tunnels qui servaient d’abri pendant les bombardements de B52, dans une region ou les combats etaient particulierement violents, et ou des milliers de gens sont morts... et a la sortie, c’est un stand de tir qui nous attend ! Les 10 cartouches pour 10.000 dongs (0.7$), Kalachnikov ou M16 ? On ne  reve pas...


    
Pour le reste, Saigon reste avant tout une capitale economique, avec un developpement assez anarchique et surtout 3 millions de motos (beaucoup de fausses  Honda vraiment made in China...) A 17H, la sortie des bureaux cree un flot continu de mobs et de velos dans un vacarme incroyable. Les premiers jours on a le coeur qui palpite a la seule idee de traverser la rue. Une seule solution: regarder droit devant soi, se lancer quand on se sent pret, et surtout ne pas s’arreter au milieu! On se retrouve de l’autre cote un peu crispe, en se felicitant que tout se soit si bien passe, alors que les locaux font ca aussi naturellement qu’ils mangent le riz a la baguette… simple question d’entrainement !


  


Mui Ne : plages du Sud et villages de pecheurs
 
Apres Saigon, changement complet d'ambiance pour nos premieres vacances-plage depuis le debut ! Plutot que Nha Trang, grosse ville balneaire ou les karaokes ont l’air d’avoir pousse comme des champignons, on opte pour sa petite soeur : Mui Ne. Aucun regret sur le choix : les 22km de plage sont quasiment deserts, les petits bungalows bien tranquilles, et les crevettes grillees n’ont jamais ete si bon marche. Ici le tourisme n’a pas encore fait de degats... Les pecheurs prennent le temps de discuter avec nous, les enfants viennent jouer dans l’eau quand on se baigne… Un soir sur la plage, un vieux monsieur interrompt ses assouplissement et nous accoste en francais, une langue qu’il maitrise encore parfaitement a 82 ans !
    


Le village de pecheurs est juste a cote, et un matin on se leve pour aller observer la criee. A 5H tout est calme, le soleil se leve sur la mer de Chine et sur la flotte des bateaux multicolores restes au port. A 6H le village se reveille et s’agite d’un seul coup: les pecheurs sont de retour, on voit un peu partout des coques-de-noix geantes poussees par des enfants faire la navette entre les bateaux et la plage, les femmes se rassemblent pour negocier le prix du poisson, les porteurs remplissent ou vident leurs paniers a toute vitesse… Une heure apres tout est termine, on peut retourner se coucher!
    


Apres avoir abuse du farniente et du bronzage, on part explorer les environs. Il parait qu’on peut se ballader en moto sans craindre de se faire reduire en bouillie par un camion fou... Tant mieux, vu qu’on va decouvrir sur le tas la conduite de ces engins. Nous voila sur une moto (c’est bien la derniere chose qu’on imaginait faire cette annee), partis pour une ballade le long de la mer les cheveux au vent, comme dans les films de bikers ! Tout arrive… Enfin ‘cheveux au vent’, facon de parler : la coupe de printemps de David, dans un grand moment de delire capillaire, a tourne au massacre a la tondeuse (photos) et il ne lui reste plus rien sur le crane…
    




 
Hoi An, la plus belle ville du pays


    
A Mui Ne, on s’est vite habitues au calme ambiant et on n’a vraiment pas envie de retrouver les klaxons... Heureusement, Hoi An est une ville totalement unique au Viet-Nam: un centre historique entierement pieton, on revit! Dans un pays envahi par des millions d’engins a moteurs, c’est rare de pouvoir deambuler le nez en l’air sans risque et sans bruit. On tombe sous le charme. Les abords du fleuves sont paisibles; le centre est plein de maisons traditionnelles et de pagodes laissees par les riches marchands Chinois et Japonais qui s’y sont installes au fil des siecles… aujourd’hui elles se melent aux galeries de peinture et aux tailleurs: a 30$ le costume sur mesure, les envies grossissent a vue d’oeil mais la taille du sac a dos, elle, ne change pas. Dommage…


Hue et les tombeaux des rois N’Guyen
 
L’autre belle ville du centre du pays, Hue, abrite les tombeaux des rois N’Guyen, qui en avaient fait leur capitale jusqu’en 1945. Une ‘cite imperiale’ qui s’etend sur les bords de la 'riviere aux Parfums’ au nom evocateur… on se prepare pour un retour dans le temps! Avec des resultats inegaux: la ville en elle-meme n’a pas un charme fou, et on remonte la riviere aux ‘parfums’ le nez au vent sans rien sentir (a part des coups de soleil muscles!)… Par contre, la cite interdite et ses murailles laissent bien imaginer une vie pleine d’intrigues sous la dynastie N’Guyen.
    


Et les tombeaux sont encore plus ahurissants: imposants, colossaux, avec leurs rangees de statues ils sont parfois encore plus exuberants que les palais d’habitation. Chaque empereur dirigeait lui-meme les travaux de son vivant pour etre sur que sa tombe correspondait a ses attentes… a croire qu’ils s’interessaient autant a leurs funerailles qu’aux affaires du pays! Par crainte des pilleurs de tombe, certains ont pousse le vice jusqu’a se faire enterrer dans un autre endroit inconnu de tous, au lieu du tombeau fraichement termine apres 12 ans de travaux !


 


 



     
Enfin la baie d’Halong et ses 3000 ilots
 
Apres des jours et des nuits en bus dont on se souviendra toute notre vie (ah le col des nuages…) on arrive finalement entiers a Hanoi pour aller decouvrir le joyau du Nord du pays, la celebre baie d’Halong… Au programme une mer d’emeraude, 3 jours de bronzage sur le pont de notre jonque, un festival de photos au milieu des milliers d’ilots qui changent de couleur en fonction de l’heure de la journee…
 
 
[Arret de la bombine on s’est trompes de film].
 
 
On est en MARS, la pire saison, et on ne le savait pas... Alors que tout le reste du pays vit sous un soleil de plomb, la capitale est en hiver dans le brouillard, la pluie et le froid. Pleins d’espoir on decide d’attendre quelques jours de plus a Hanoi et d’en profiter pour se ballader dans les vieux quartiers plein de charme des corporations, et assister au fameux spectacle des marionettes sur l’eau. La meteo n’annoncant aucune amelioration, on essaie de forcer la chance en prenant 3 jours de croisiere au lieu des 2 jours habituels… pour laisser au soleil le temps de sortir.


Meme comme ca, rien a faire… On navigue dans une puree de pois bien  epaisse, et il faut faire travailler l’imagination pour apercevoir les formes des ilots. On tente quand meme une sortie en kayak dans le labyrinthe des iles, et il faut reconnaitre que meme au milieu du brouillard, ca a de l’allure - photos. Certaines sont fermees comme des cirques et on y entre dans un silence total impressionnant ; d’autres possedent des petites plages qui doivent etre paradisiaques par beau temps…. Mais la ca ressemble plus au Loc Ness. Le brouillard aidant, on finit par se perdre au milieu de ces iles qui se ressemblent toutes et on pagaye plusieurs heures avant de retrouver notre chemin !
 
Sur le retour, la brume se dissipe enfin : on a droit a un beau coucher de soleil et une partie de rigolade avec les ecoliers du coin, qui reviennent de l’ecole en barque. Ils sont intrigues par l’appareil numerique ; quand ils se rendent comptent qu’on peut voir les photos tout de suite, ils viennent poser devant nous et ne nous laissent plus repartir. Ils se font tirer le portrait, viennent voir la photo (quitte a manquer de renverser notre kayak), s’eclatent de rire et recommencent… un bon truc pour faire de chouettes rencontres pendant le voyage !
    




 
Les 1000 visages du Vietnam
 
Avec 80 millions d’habitants, une geographie toute en longueur et une histoire recente tourmentee, on sent au Vietnam de grosses differences d’un endroit a l’autre. Parfois, on a l’impression d’etre dans un pays touristique classique (plages de sable fin, kayak a Halong, bus organises, magasins de CD copies et faux T-shirts Nike…), puis a l’etape suivante une statue de l’Oncle Ho, un mausolee ou une visite en ‘zone de guerre’ nous rappellent l’autre realite du pays. Le culte de la personnalite d’HoChiMinh tente de donner une certaine cohesion a cette mosaique, avec plus ou moins de succes… Ainsi aux tunnels de Cuchi, notre guide conclut : ‘alors, apres cette visite, pensez-vous que je suis Communiste ?’ (silence heberlue) ‘Non, je suis un viet-minh : un vrai Sud-vietnamien’. En 1975, la moitie du pays a gagne la guerre, mais l’autre moitie l’a perdue… 30 ans apres la fin du conflit, le sentiment d’appartenance au nord ou au sud est loin d’avoir disparu !
 
Ceci dit, le pays s’est completement ouvert au tourisme et se revele vraiment facile a decouvrir, du moins si on ne s’ecarte pas trop du circuit classique (ce qui a ete notre cas). En 1 mois le pays nous a offert un nombre impressionnant de facettes. Paysages ruraux avec rizieres verdoyantes, villages flottants dans le delta du Mekong, petits ports de peche, cites imperiales, ateliers de tailleurs traditionnels, motos, cyclos, temples caodai multicolores et spectacles de marionettes sur l’eau… sans oublier les fameux chapeaux coniques si photogeniques: de quoi s’en mettre plein les yeux en oubliant pour un temps les paradoxes du pays.