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--- CAMBODGE ---
 
Fevrier 2005


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 Cambodge,



CAMBODGE: NOTRE COUP DE COEUR TOUT-TERRAIN
(25 Fev 2005)


    
Frontiere cambodgienne... Le bus climatise qui nous a amenes depuis Bangkok reste du cote thailandais : cote cambodgien, la route n’est plus goudronnee et seuls les 4x4 peuvent passer. Le changement d’ambiance est impressionnant ! Pour rejoindre Battambang, notre premiere destination, chacun se debrouille comme il peut: il n'y a pas de transport organise. A la veille de la fete du Tet, les pick-up se sont faits rares, et il nous faudra patienter plusieurs heures avant d'en trouver un....

Enfin, notre chauffeur termine d’entasser tous les passagers (une bonne vingtaine) dans la remorque, et nous voila partis pour 3H de conduite au klaxon sur une route defoncee, en zigzagant pour eviter les nids de poule… Bienvenue au Cambodge !


Battambang et la campagne de l’Ouest
 
Grande nouveaute : au Cambodge, nous serons 3... Chantal (la mere de David) va faire ses classes de routarde avec nous pendant 15 jours, et elle va etre servie ! Battambang est une petite ville de province pleine de motos, grouillante et pas du tout touristique. Une bonne surprise nous y attend: apres le passage de la frontiere, on va pouvoir se remettre en forme dans du confort pas cher. Quand le Cambodge a ete mis sous tutelle de l’ONU, des hotels de luxe se sont construits partout pour accueillir les fonctionnaires … et apres leur depart, les prix ont chute: aujourd'hui on peut facilement dormir pour 8$ dans une chambre de ministre !
    


Autre surprise, en faisant un premier tour dans la ville, on tombe sur… Alain Delon ! Pas le vrai (on ne voit pas ce qu’il viendrait faire ici), mais sa tete est en grand sur des affiches publicitaires: au Cambodge, il vend des cigarettes !
 
De facon generale, la presence francaise est encore palpable : comme chez nous, les voitures roulent a droite... mais elles ont le volant a droite aussi (la contrebande depuis la thailande est un commerce qui roule !); les guides de plus de 40 ans parlent souvent Français... Ce qui nous plait sutout, c'est de retrouver des boulangeries: le pays a adopte la baguette ! On va pouvoir faire des folies tous les matins.
    


    
A Battambang, on a tout-de-suite le coup de coeur... pas tellement pour la ville, mais pour la campagne aux alentours. En arrivant le premier jour, on en a eu un petit apercu qui nous donne envie d’en voir plus. Seule solution vu l’etat des routes: la moto ! En plus, ici elles ne font pas de bruit - les conducteurs sont tout-le-temps en sous-regime pour economiser l’essence. Chacun sa moto, chacun son chauffeur-guide… et chacun son masque, qui nous protege de la fameuse 'neige cambodgienne' (la poussiere rouge qui recouvre tout) et nous donne un petit air de terro-touristes!


    
On roule toute la journee sur des chemins cahoteux pour decouvrir une campagne superbe et sereine: des huttes de paille aux belles maisons sur pilotis, des rizieres assechees aux etendues vertes de bananiers... Les arrets permettent de se promener dans des petits temples isoles, ou de gouter aux fruits et a l’alcool de riz qui delie les langues et embrume les esprits! A la fin de la journee nos guides repetent 3 fois les memes blagues, en finissant par 'you understand? you understand? it's a joke!' mais on ne comprend jamais rien ! On rentre a la nuit tombee, couverts de poussiere rouge mais completement detendus.




L’epopee sur le Tonle Sap
 
Ah, la fameuse croisiere pour Siem-Reap, sur le Tonle Sap… C’est la principale raison pour laquelle on est venus a Battambang. Apres ces premiers jours a 100 a l’heure (facon de parler car les motos ne devaient pas depasser les 30km/h), on doit prendre un bateau pour naviguer sur un bras du Tonle Sap, le plus grand lac du Cambodge. Sur ses rives c’est developpee une vie lacustre riche et intacte qu’on a hate de decouvrir… Mais voila, on est tellement impatients qu’on en oublie l’essentiel : on est en pleine saison seche. Et la navigation sans l’eau, ca marche beaucoup moins bien !
    


    
Resultat, en arrivant pour prendre le bateau c’est un pick-up qui nous attend. Debouts a l’arriere, on s’accroche comme on peut pendant que la route defile lentement... 25 touristes entasses et deja recouverts de ‘neige cambodgienne, ca fait beaucoup rire les villageois… c’est deja ca ! Ensuite les peripeties s’enchainent comme dans un mauvais film catastrophe : les ornieres nous obligent a faire une partie du chemin a pied, un des 4x4 perd une roue dans un nid-de-poule, deux velos tombent au fond de la riviere au moment de l’embarquement (quand on trouve enfin l’eau!)… sans oublier le bateau qui racle le fond et s’echoue toutes les 15 minutes... au secours !


    
Heureusement, une fois sur la partie plus profonde du fleuve, tout s’arrange et on ouvre grand les yeux devant les scenes de vie sur le fleuve. On dirait que les rives se sont fige dans le temps. Dans les villages de pecheurs, tout est organise autour du fleuve : les enfants vont a l’ecole flottante en pirogue, les femmes font la cuisine a l’arriere de leur maison-bateau, les pecheurs remontent leurs filets sans effort grace aux armatures-parapluies en bois… On en oublie vite les mesaventures du matin.
On arrive a Siem Reap a la nuit tombee, apres 12H de trajet (au lieu des 5 prevues) mais sans regret, car on a decouvert une partie du Cambodge qu’on n’imaginait pas - voir photos. Pour ceux que ca tente, il vaut quand meme mieux eviter la saison seche !




 


    
Angkor la merveilleuse
 
Les tours d’Angkor Vat sont le symbole du Cambodge. Depuis notre entree dans le pays, on les voit sur des drapeaux, des affiches, des T-shirts… on debarque donc a Siem Reap pleins d’excitation: on va passer les trois prochains jours a la decouverte des temples d’Angkor. 3 jours, c’est le minimum tant le site est immense : entre le 9e et le 12e siecle, les rois successifs on bati un nombre colossal de temples et de galeries. Les uns sont plutot regroupes (Angkor Vat, Angkor Thom), les autres carrement a l’ecart (Banthea Srey, la ‘cite des femmes’ a 40km par la piste) : aujourd’hui encore, l’ancienne capitale Khmere s’etend sur des dizaines de kilometres ! Tuk-tuk obligatoire…


    
On est immediatement impressionnes par la variete des constructions. Chaque roi a fait batir des temples en fonction de ses croyances. Pour les hindouistes, des palais dedies a Shiva ou Vishnu, et des temples-montagnes (Angkor Vat, Baphuon) ou la tour centrale represente le Mont Neru… On monte au Nirvana par une serie d’escaliers vertigineux : gare a la descente ! Pour les Bouddhistes, des temples plats a l’architecture aeree qui invitent a la meditation... Et partout, des tours a 4 visages qui protegent la cite des envahisseurs ; des encadrements de fenetres ou les jeux de lumiere sont splendides (photos)... En 3 jours, on n’a jamais l’impression de voir deux fois la meme chose.


A Angkor, on se sent dans un endroit en reconstruction permanente. Les archeologues ont du reconstituer tous les batiments bloc par bloc… quand c’etait possible : certaines parties ont completement disparu, victimes des pilleurs de sites – entre autres Andre Malraux, venu ici dans les annees 20 arme d’une scie a metaux ! Par endroits, c’est la jungle qui reprend le dessus, et des centaines de pierres sont encore par terre. Au temple de Ta-Prohm, les racines des fromagers recouvrent encore les pierres de facon spectaculaire. Des temples en ruines au milieu des cris d’oiseaux, aux galeries avalees par la vegetation, Angkor reveille l’imagination !
    


Evidemment, l’ancienne capitale de l’empire Khmer est devenue la capitale du tourisme... pourtant on a tout essaye : les temples isoles, la visite aux heures chaudes, et meme de partir a 4H du matin pour commencer Angkor Vat sans personne. Rien a faire, avec toutes ces merveilles on ne peut pas esperer etre seuls (soyons raisonnables)… Ici, ce sont meme les bonzes qui abordent les touristes dans les temples (photo) ! Pour eviter la foule, une seule solution d’apres notre guide : le mois de novembre… de toutes facons, on a deja prevu de revenir !
    


 



 




    
Un bol d’air frais dans le Mondulkiri
 
‘Ecko, ecko, ecko’... a Sen Monorom, on s’endort en ecoutant le cri du gecko, cette petite salamandre aux yeux globuleux qui se ballade sur les murs de la chambre, avec une mission : manger les blattes ! sympathique bestiole...
 
Nous voila dans le Mondulkiri, au nord-ouest du pays. La region est completement isolee : 10H de piste pour venir jusqu’ici. Mais depuis l’epopee du Tonle Sap, on commence a avoir l’habitude du 4x4 ! A l’arrivee, la ‘capitale’ est calme et minuscule avec ses 3.000 habitants... on va pouvoir se detendre, visiter les villages Mongs et se baigner dans les cascades... sans oublier une specialite de la region: la ballade a dos d’elephant.
 
Apres un peu de repos bien merite, nous partons explorer les montagnes... enfin, les montagnes cambodgiennes, c’est pas l’himalaya ! On decouvre des collines rouges et escarpees, sur lesquelles sont construits des villages de huttes en bambou. Les ethnies Mongs vont nous recevoir chez eux, et surtout nous servir de guides :  ils se sont specialises dans le dressage des elephants et nous emmenent en promenade...
 
Bien installes sur le dos de notre pachyderme, la matinee se passe bien. La montee est un peu acrobatique et on se fait balancer d’un cote et de l’autre dans le palanquin, mais jusque la rien d’anormal... Par contre l’apres-midi, notre Dumbo perd tout son savoir-vivre. Il nous crache dessus (autrement dit : se mouche carrement sur nous !) pour se rafraichir, puis commence a deraciner la moitie de la foret a grands coup de trompe pour satisfaire son appetit de glouton ! Et quand il est enfin rassasie, il se met a peter comme une baudruche trouee ! c’est enorme... On regagne en vitesse le village avant de s’evanouir...




 
Bref, notre premiere decouverte du Cambodge a ete un vrai coup de coeur, et on en ressort enthousiastes… mais ca ne doit pas faire oublier que le pays se remet encore de ses blessures. Des la frontiere, une dizaine d’hommes et d’enfants sont venus vers nous pour un petit billet. Des personnes a qui il manque un bras, une jambe : les mines continuent a faire des ravages, meme 25 ans apres la fin des Khmers Rouges. Entre la guerre civile, le genocide du regime de Pol Pot (qui a fait 2 millions de morts en 4 ans) et les mines anti-personnel, l’histoire recente a marque le peuple khmer en profondeur.
 
Malgre ces souffrances, on a trouve des populations d’une gentillesse et d’un optimisme incroyables. Des rives du Tonle Sap a la campagne de Battambang, on est conquis par leurs sourires francs et sinceres... On reviendra surement, mais cette fois a la fin de la saison des pluies: pour voir en vert ce qu'on a vu en rouge.