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--- CHILI ---
 
Novembre 2004


 Carnets de route
C'est juste en-dessous
 Le Chili en images
 Chili ou Argentine:


 
 
 



Toutes nos envies sont au Chili
(5 dec 2004)


    
Le Chili n’etait pas prevu au programme (pour ceux qui suivent): notre plan initial devait nous emmener en Argentine, mais 3 envies tres fortes nous ont fait changer d’itineraire: faire du parapente a Iquique (dans le nord), visiter un observatoire astronomique a La Serena, et aller en Patagonie. On a donc surtout choisi le Chili pour suivre nos coups de coeur. Du coup nous voilà partis pour la « grande traversee » d’un bout a l’autre du pays, en suivant les 4 500 km de cotes : du desert d’Atacama au Nord ou il n’a pas plu depuis 3 ans, jusqu’a la Patagonie dans l’extreme Sud, ou on se promene dans des paysages splendides au milieu de glaciers, d’icebergs et de pingouins.


Meme si on y va pour suivre nos coups de coeur, l’arrivee au Chili est un choc : on a presque  l’impression d’etre revenus en Europe, et que le voyage est termine. Toutes les routes sont goudronnees, on entend sonner des telephones portables un peu partout, on trouve des grands centres commerciaux et des mac-do dans les villes… un petit air de « comme a la maison » mais pas vraiment celui qui nous manquait ! Finis les petits villages et les marches indiens d'Equateur, les bus deglingues de Bolivie, les lamas et la coca… bref, au Chili on retrouve notre petit confort mais on a perdu la saveur de l’authentique. On se console quand meme en goutant et regoutant le fameux vin rouge chilien.


Iquique, l’Eldorado du parapentiste


    
 

Premiere etape : Iquique, au Nord du pays. On profite du plaisir de rester au meme endroit pendant une dizaine de jours… d’autant qu’Iquique, c’est le paradis du parapente, surtout pour ceux qui ont passe des jours en montagne a attendre que les nuages s’en aillent ! Ici les conditions de vol sont parfaites toute l’annee: une immense plage pour apprendre a gonfler la voile, du vent et des dunes pour rester longtemps en l’air, et au-dessus des dunes, de bons thermiques qui permettent de monter ! Sophie apprend a voler… et David retrouve ses sensations dans des conditions ideales : des le premier jour, decollage du haut de la dune (100m), puis ca monte tout en douceur et bientôt voila la base des nuages (800m). Tout ca sans une turbulence... un vrai manege de reve.
 

Cote apprentissage, Sophie ne menage pas ses efforts : 5 heures de travail intense tous les jours pour apprendre a demeler les fils, se concentrer pour comprendre les instructions en espagnol, tenter de lever la voile et se faire trainer sur le sol, manger son kilo de sable et decouvrir des muscles jusque la inconnus ! Pour les premiers pas en solo, on est passes par Altazor (Sascha - sascha@altazorskysports.com) une ecole dont on est fans: une ambiance d’apprentissage a la fois pro et detendue (surtout detendue), des vols magnifiques dans la journee, et le soir la fete autour du barbecue !


Du coup la semaine est vite passee, et Sophie est enfin prête pour le grand saut. Decollage a l’arrachee apres 3 gonflages rates,  puis la radio tombe en panne, Sophie se debrouille toute seule ! Quelques rafales de vent de travers et un bon atterrissage sur les fesses plus tard, on entend enfin un « muy bien Sophie » : un bon exemple de flegme a la Chilienne ! Bref, RAS : un premier grand vol typique qui sera suivi de beaucoup d’autres on espere.




 
 
PATAGONIE : le bout du monde
 
Nos premieres impressions en Patagonie correspondent exactement se qu’on s’etait imagines de cet endroit: des nuages tres bas et de formes surnaturelles, des ciels gris tres sombres au-dessus de Puerto Natales, et qui prennent une couleur particuliere des qu’un rayon de soleil perce ; du vent, beaucoup de vent, qui souffle de jour comme de nuit toute l’annee ; des glaciers gigantesques, des icebergs de dizaines de metres d’un bleu intense, et des terres sauvages et desertes. L’ensemble donne des paysages de bout du monde superbes et uniques.
 


Les parcs nationaux




    
 
 
En Patagonie il y a 2 parcs a ne pas manquer : le Torres del Paine au Chili, et le parc des Glaciers (avec le Fitz Roy) en Argentine. On va decouvrir le premier parc en prenant notre temps et notre tente, pour l’autre on verra en fonction de notre forme !
 
En chiffres ca donne : 1 tente, 6 jours, 13 et 18 kg a porter, 5 heures par jour a marcher, 18 heures de jour par jour (concept pas evident mais l’explication arrive  plus tard !) et des tonnes de choses superbes a voir. 2 raisons essentielles expliquent notre enthousiasme: d’abord, on tourne a l’envers – c’est-a-dire qu’on fait la celebre boucle du W dans le sens inverse pour eviter le monde (non, on n’est pas des anti-sociaux) ; ensuite on a eu une chance incroyable avec le temps, ce qui nous permet d’admirer toutes les stars du parc sous leur plus beau jour : le lac Pehoe et ses eaux turquoises; le glacier Grey, notre premier glacier, impressionant; La Vallee du Français et sa vue superbe sur les Torres del Paine.
 
Pendant la randonnee, l’ete austral fait que les jours durent 18H et et les nuits 6H… c’est pratique, on peut marcher jusqu'à 22H ! On prend donc un rythme cool qui nous permet de flaner pendant les promenades sans penser a l’heure d’arrivee au campement. Du coup on multiplie les pauses pour profiter du spectacle : le matin au glacier Grey, on observe les icebergs qui derivent. Le midi dans la vallee du Français, on mange tranquillement nos sandwiches en regardant les avalanches sur les glaciers. L’apres-midi, apres l’averse, on observe les arcs-en-ciel… et le soir, on se detend devant les attaques de soucoupes volantes sur le massif (les nuages ici sont vraiment hallucinants : cf photos).  Bref on prend notre temps.
 
Par contre, notre organisation presente quelques failles ! Des le premier soir, le vent arrache notre double-toit et David doit partir a sa recherche en pleine nuit… On n’avait pas bien suivi le mode d’emploi de notre nouvelle tente, recemment pretee par des copains. Cote nourriture, tout demarre comme prevu (des pates tous les soirs) mais ensuite c’est l’horreur : apres 5 jours on n’a plus rien a manger (on a du se tromper dans nos calculs), et les refuges n’ont que des biscuits a vendre… La honte supreme : le dernier jour on a du « emprunter » 3 petits pains abandonnes sur la table d’un refuge… au moins ils ont ete fort apprecies !
 
De son cote, le Fitz Roy n’a pas voulu montrer le bout de son sommet, du coup on s’est rabattus sur les fameuses « Parilladas », qui rassemblent ce qu’il y a de mieux des 2 cotes de la frontiere : le vin rouge chilien, et la viande saignante d'Argentine a volonte ! On comprend mieux pourquoi malgre une petite apprehension au debut, on a adore  marcher dans ces parcs.



 
Patagonie, qu’est ce qui est different ici ?
 
- Le jour. L’ete Austral fait que les jours durent 18H et les nuits 6H (on n’est pas si loin du pole). Bien pratique au parc Torres del Paine, pour pouvoir marcher jusqu’a 22H sans aucun probleme

Le vent. Il ne s’arrete jamais en Patagonie, et sculpte le paysage: arbres decoiffes, mer pleine de moutons, tourbillons d’ecume meme dans les lacs, et surtout le cauchemar de notre double-toit

Le ciel. Le ciel de Patagonie ne ressemble a aucun autre. On a cru voir des champignons atomiques au-dessus des sommets, des attaques de soucoupes volantes (cumulus lenticulaires) sur les massifs, des nuages sombres au ras de nos tetes d’autant plus impressionnants que rien ne les arrete dans les plaines (Punta Arenas).
 



Les geants de glace


    
Perito Moreno
 
Le Perito Moreno, c’est le poids-lourd du tourisme en Patagonie : un enorme glacier qui se jette dans un lac, avec des pans de glace de 60 metres de haut qui se detachent pour tomber dans l’eau… Le Perito Moreno est situe entre 2 bras du lac argentin, et c’est un des rares glaciers au monde qui continue a avancer au lieu de retroceder. En avancant, il ferme petit a petit l’acces entre les 2 bras du lac, entrainant d’importantes inondations, puis se fend tous les 15 ans pour laisser passer l’eau a nouveau. Mais surtout, en avancant aussi vite (1,5 metre par jour), il donne lieu a un spectacle demesure : des montagnes de glace se decrochent du glacier et forment des mini raz-de-maree en tombant dans l’eau, le tout dans des craquements qui dechirent l’air comme des coups de tonnerre… on ne peut pas rater ca.
 
Apres avoir traverse la frontiere, nous voici donc en Argentine a El Calafate, pour voir le geant et entendre les fameux cracs... La vue du glacier se fait a partir de passerelles sur plusieurs etages qui permettent de s’approcher a une centaine de metres : efficace, mais on ne se sent pas vraiment seuls parmi les 500 autres touristes… Du cote du ciel, ce n’est pas mieux : ciel gris, pluie fine et glaciale, on se croirait a Paris en novembre. Resultat, non seulement on ne voit pas grand-chose, mais on n’entend rien : sur les 4 heures passees a fixer le glacier, aucune grosse chute de glace ou craquement infernal, a peine quelques petits blocs qui tombent dans l’eau en faisant « plouch »… pour nous, le flop total !


On tente de se rattraper le lendemain en faisant une croisiere pour s’approcher de 3 glaciers plus en amont du Perito Moreno, et cette fois on a droit a du grand spectacle. Partis la mort dans l’ame a 350 sur un bateau, on oublie vite la foule et on retient son souffle en voyant ce qui nous entoure.
 
C’est la Patagonie comme on l’imaginait : on peut enfin s’approcher des glaciers immenses, qui paraissent encore plus demesures depuis le bateau, naviguer entre les icebergs bleu intense, passer devant de petits glaciers en retrocession niches au coeur de forets vertes comme dans des ecrins…
 
Une experience hors du commun : en revenant du glacier Upsala, le canal est completement bouche par les icebergs, et le bateau doit pousser les petits blocs pour se frayer un chemin dans ce labyrinthe de glace. Apres ca on ne regarde plus «Titanic» du meme oeil !
glaciers et icebergs, toutes les photos sont ici.
    




 


En regardant passer les pingouins

  
 
 
Une derniere attraction a ne pas rater en Patagonie, c’est d’aller regarder passer les pingouins ! Ubne idee saugrenue a-priori, mais on adore. Le pingouin passe la journee a faire l’aller-retour entre son nid et la plage, et pour lui c’est un vrai parcours du combattant : se dandiner au milieu des hautes herbes en essayant de garder un air detache, plonger dans les trous d’eau glacee, en ressortir en se tremoussant  sans etre trop ridicule… Avec leur air digne et leur smoking blanc et noir, seul ou en bande, on dirait des clowns de l’antarctiques deguises en hommes d’affaires tres occupes !
 
Qu’est-ce qui fait passer les pingouins ? L’appel du ventre bien sur… derriere l’herbe se trouve la dune, derriere la dune, la plage, et derriere la plage… la mer : le plus grand garde-manger qu’un pingouin puisse imaginer.
 


Les pingouins se promenent et nous on s’extasie... apres la ballade, on s’est demandes si on n’etait pas en pleine regression. C’est peut-etre la perspective de devoir laisser l’Amerique du Sud qui nous rend contemplatifs ?
Pour ne pas se laisser aller, on a pris une decision : interdiction de compter les moutons en Nouvelle-Zelande !