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--- PEROU ---
 
aout-septembre 2004


   Carnets de route   

C'est juste en-dessous...

les photos du Nord (Lima, Huaraz, Ica et le desert) sont ici
celles du Sud mythique, (Arequipa, les condors, Cusco et la vallee des Incas, le Machu-Picchu) sont la

   Perou: le Pays   

 



    

EN SORTANT DU PEROU... petite conclusion
(01 oct 2004)

Nous sortons du pays par le lac Ticticaca, l'endroit ou les "fils du soleil" (les premiers Incas) sont apparus d'apres la legende. C'est l'endroit ou nous passons la frontiere vers notre prochaine destination: la Bolivie.

Avant d'attaquer la suite de l'aventure, voila en vrac quelques reflexions et experiences qui nous ont interesse, surpris ou bien fait rire au Perou...



    

Perou, taxis nippons et tremblements de terre !

Le perou vit avec les tremblements de terre. Pas des petites secousses, mais des "big ones" qui rasent completement les villes. Les Incas l'avaient bien compris et leurs pierres trapezoidales antisismiques resistent bien mieux aux secousses que les architectures actuelles. Nazca, Huaraz, Arequipa: 3 des grandes villes qu'on a visitees, ont ete partiellement detruites dans les 5 dernieres annees et sont en perpetuelle reconstruction; on a meme eu droit a un petit tremblement de terre un matin a Arequipa! Le cote positif, c'est qu'on ne trouve aucune tour au Perou, et a peine quelques immeubles de 5 etages...

Mitsubishi, Daewoo, Hyundai, Toyota... les taxis et les camions viennent tous du Japon, eventuellement de Coree, impossible de trouver un Chrystler ou Ford... encore un coup de l'ex-president Alberto Fujimori, qui a ouvert le marche automobile exclusivement aux entreprises de son pays d'origine !



Perou, on a goute:

- Le "Cuy" al Horno, ou cochon d'inde au four (bof)... Au Perou comme en Equateur, le cochon d'inde est un plat de fete delicieux reserve aux jours speciaux. De nombreuses familles rurales elevent donc des cochons d'inde dans leur cuisine... mais pas comme animal de compagnie pour leurs enfants! Resultat: pour nous, le gout ressemble au lapin, il n'y pas grand chose a manger... et surtout, si vous goutez un jour, demandez a ce qu'il ne soit pas servi avec la tete. Avec sa tete de rongeur, ses incisives vers l'avant et son air mechant, il ressemble plutot a un gros rat des champs!.

- Le "Pisco-sour" (miam), le cocktail national: du pisco (alcool de raisin), du citron, de la glace pilee et une peu de blanc d'oeuf... bien prepare c'est un vrai regal.
- la viande d'alpaca (miam), cousin du lama, entre viande rouge et viande blanche: delicieuse
- la Chicha, biere de maîs ultra-nourrissante (beurk)

- L' "Inka-Kola", ou cola de l'inca (miam). C'est la boisson gazeuse des Peruviens, fierte du pays puisqu'avec elle David a battu Goliath... Avec sa couleur jaune pisse (pardon pour l'expression) et son gout chewing-gum, qui aurait cru que l'Inka-Kola allait detroner le Coca-cola? C'est peut-etre grace a son nom magique; en tous cas, a defaut de pouvoir le battre, Coca-cola a du se resoudre a racheter Inka-kola il y a quelques annees...

- La "Coca", feuille de coca... effectivement, comme le rappellent la moitie des T-shirts de la ville a Cusco, "la hoja de coca no es droga" : la feuille de coca n'est pas de la drogue. Quelques feuilles repliees, qu'on a mastique avec une espece de pierre blanche -un alcaloide- et le passage du col a 4500m n'etait plus si difficile... c'est tout. La culture de la feuille de coca est un peu le combat de tout le peuple andin contre l'Amerique (au sens US), puisque la feuille de coca est une tradition ancestrale des indiens Quetchuas et Aymaras. Elle a servi de monnaie a certains moments de l'histoire des Andes; aujourd'hui encore on l'offre a la terre nourriciere (Pachamama) ou a la montagne en arrivant qu sommet; elle sert aux paysans a mieux supporter l'altitude et aux chamans a predire l'avenir...
Surtout, c'est l'homme blanc qui a perverti son usage apres la conquista espagnole, en decouvrant qu'on pouvait la transformer artificiellement en cocaine... En attendant, les US (consommateurs de 50% de la production de cocaine, pour 5% de la population mondiale) font la guerre aux paysans pour eradiquer completement la production de la feuille de coca, sans vraiment proposer de culture de remplacement... La faute au producteur ou au consommateur? le debat est ouvert. Mais on se doute que dans quelques decennies, les traditionnelles offrandes de feuilles de coca a la Pachamama auront tout simplement disparu.

    

 
 
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LE PEROU, COMME DANS LES LIVRES
(23 Sept 2004)
 
Il s'en est passe des choses depuis la derniere mise a jour... La deuxieme partie de notre periple au Perou n'a plus rien a voir avec le debut, et  tant mieux! Apres les petits pepins du debut dans le nord, le Sud du pays se laisse decouvrir tel qu’on le revait: magnifique. Sites Incas mysterieux au lever du soleil, vol du condor, treks aux paysages somptueux a l’ecart des sentiers battus, villes coloniales pleines d’histoires : on passe d’une merveille a l’autre en esperant que ca ne s'arrete pas !



    
Les mysterieuses lignes de Nazca
 
Apres le surf sur les dunes d'Ica, nous voici sur la route des mysterieuses lignes de Nazca. Sur des dizaines de kilimetres carres, la civilisation Nazca (pre-inca) a trace des lignes dans le desert. Il n'y a pas seulement des lignes et des surfaces sur le sol, mais aussi des figures geometriques et des dessins immenses: colibri, araignee, singe... certains de plus de 120m de long. Pour les voir, on peut monter sur un mirador au bord de la Panamericaine (on voit "les mains" obliques), ou survoler la zone en avion (un peu cher mais surement spectaculaire). Encore aujourd'hui, ces lignes sont pleines de mysteres. Que signifient tous ces dessins? On ne peut pas les voir a moins de 15 metres du sol, et ils ont ete decouverts par hasard, dans les annees 1920, en survolant la region en avion... A qui etaient-ils destines? Comment les Nazca ont-ils pu les realiser a cette epoque ?
 
Certains dessins representent des animaux ou des vegetaux, mais personne ne connaît leur signification exacte. Les theories sur leur signification sont innombrables, depuis le calendrier agricole, jusqu'a l'astroport pour faire aterrir des navettes extraterrestres! La plus solide est celle de Maria Reiche, une allemande qui a etudie les lignes durant toute sa vie: les lignes seraient une sorte de calendrier astronomique geant, chaque dessin correspondant a une constellation dan le ciel, et permettrait de definir les differents cycles de l'agriculture et des fetes religieuses... le mystere reste entier. 


    
Arequipa, la ville blanche
 
Arequipa doit sa reputation aux pierres blanches a la texture irreguliere et un peu trouee que l'on retrouve dans tous les monuments ou architectures de la ville. La vue aux alentours de la ville est magnifique : des sommets enneiges se dressent et encerclent la ville. Misti, Picchu-picchu, Chachani... Le coucher du soleil sur la Plaza de Armas est superbe, et le sejour a Arequipa est pour nous l’occasion de rendre visite aux cousins lointains de David, qui nous ont recus accueillis comme des rois : au menu visite de la ville non-touristique, decouverte de plats locaux et discussions interminables sur le pays : l’ex-president Fujimori, qui est parti avec la caisse, l’actuel Toledo, qui visiblement marche dans la trace de son predecesseur... ici la politique est tout sauf ennuyeuse.


Le couvent Santa Catalina
Le coeur de la ville recele une belle surprise : le couvent multicolore de Santa Catalina. Pas de crise mystique mais une vraie merveille d'architecture. Le couvent est une ville dans la ville, tellement immense qu'en plus des cloitres et de l'eglise, on y trouve tout un dedale de rues, des places, des fontaines... le tout peint dans une debauche de couleurs vives. A l'epoque coloniale, c'etait surement un privilege d'etre une nonne ! Leur principale occupation: prier, 9h par jour ; et elles ont vecu retirees du monde, en autonomie quasi totale et dans un luxe ostentatoire, alors qu'a l'exterieur se deroulaient les revolutions et les guerres. Le couvent est toujours en activite, et accueille les jeunes filles de 18 a 85 ans. Si les photos vous font envie...



Le vol du Condor
 
Comme on nous l’avait promis, en allant au Cañon del Colca, pas loin d'Arequipa, on a toutes les chances (ou presque) d’observer de pres le plus beau des ballets: le vol du condor. Le site en question s’appelle la Croix du Condor, aussi surnomme « croix du touriste » par les guides locaux... effectivement, on se demande parfois si ce n’est pas le condor qui vient nous voir, plutot que le contraire. Nous partons donc pour un trek de 3 jours dans le cañon del Colca avec nos copains Neo-zelandais rencontres en Equateur. La descente a flanc de cañon est spectaculaire, et les deux premiers jours se deroulent au milieu de forets de cactus et de paysages vertigineux. Au fond du cañon, on croise une oasis de verdure (ou on dort un soir), et un village de plus de 200 ames totalement isole du monde exterieur : la premiere route est a 5h de marche, et le seul ravitaillement possible se fait a dos d’ane sur des chemins chaotiques.
 
Le troisieme et dernier jour demarre a 3h00 du matin, pour une remontee de nuit a la frontale : on doit atteindre la Cruz del Condor au lever du soleil, sinon pas de condors ! Une fois de plus, la chance est avec nous, puisqu’ils sont bien au rendez-vous. Deux, puis cinq, puis une quinzaine de condors viennent nous offrir des lecons de vol. C'est immense, majestueux, leger et beau ... un peu inquietants quand meme. Meme si ce ne sont que des charognards, avec leurs 3m d’envergure, ils peuvent soulever 20kg sans probleme...
    





    
Cusco, la capitale Inca
 
En arrivant a Cusco, on change de paysages et d’epoque pour se retrouver au coeur du monde Inca. Ou plutot, au coeur du choc des cultures : au moment de la Conquista par les Espagnols en 1533, Pizarro a tout simplement ordonne de faire disparaitre tous les signes de la culture Inca. Les destructions ont ete massives, mais les Espagnols ont souvent reutilise des parties de constructions Inca pour construires leurs maisons, eglises ou monuments. En se promenant dans Cusco, l’ancienne capitale, on trouve donc des batiments a la base typiquement Inca, mais le haut est une eglise, un musee, un restaurant...
 
Le plus surprenant, c’est la resistance des constructions Incas. Le travail de la pierre est le plus fin au monde, les blocs sont tailles au millimetre et s’emboitent parfaitement malgre leurs formes complexes, sans avoir besoin d’ajouter du ciment. Les fameuses portes trapezoidales sont antisismiques et lors des tremblements de terre, les eglises se sont toujours ecroulees mais les constructions Inca n’ont jamais bouge ! Aujourd’hui encore, on ne sait pas comment ils sont arrives a ce niveau de precision, et meme avec nos technologies actuelles on n’arrive pas a le reproduire. Comme l’a dit un de nos guide en nous montrant un des principaux batiments de Cusco : en bas, travail d’inca, en haut travail d’inca-pables (inutile de dire que les Peruviens ne portent pas les Espagnols dans leur coeur).
 
Cuzco est une donc une ville double avec une architecture coloniale tres belle, des rues pavees en pente, des toits en tuile rose et des balcons en bois... le tout construit sur les ruines de temples ou habitations incas, avec les fameux murs de pierres taillees. Des femmes se promenent avec des lamas et des alpacas, les joueurs de flute de pan sont partout : l'ensemble est original et unique, mais vraiment tres touristique !


...et la vallee sacree des Incas
 
En sortant de Cusco en direction du Machu-Picchu, on entre dans la vallee sacree des Incas. C’est dans cette vallee que la culture Inca s’est developpee, et elle contient un nombre impressionant de sites bien conserves comme Pisac, Saqsaywaman (dit sexywoman) ou Ollantaytambo. Cultures en terrasses partout, temples du soleil orientes dans l'axe du soleil lors du solstice d'ete, portes pyramidales... toujours avec des architectures elaborees et tres esthetiques.
 
Tous ces sites sont autant de traces du passage bref mais imposant des incas. De 1200 a 1500 apres JC, ils ont construit un nombre incroyable de villes parfaitement organisees. Leur genie : construire une solide administration ou le travail etait la principale valeur. En dehors de ca, ils se sont surtout appuye sur les talents des civilisations qui les precedaient : la connaissance astronomique des nazca, le travail de la pierre des Chavin, les ceramiques Chimus, etc. Leur organisation est symbolisee par la Croix des Andes et ses 3 dents sur chacun des 4 cotes. 3 animaux sacres (condor, jaguar, serpent),  3 mondes (le monde des dieux, le monde des vivants et le monde des morts), 3 regles (tu ne voleras pas, tu ne mentiras pas, tu ne seras pas oisif), 3 devoirs (travaux individuels, communaux, et pour l'empire).
 
En-dehors des constructions spectaculaires, les Incas ont administre les richesses naturelles de leurs terres. Ils ont utilise le relief pour leurs cultures en terrasses, extrait l'or, l'argent et le cuivre pour en faire des alliages resistants (mais qui n'avaient aucune valeur a leurs yeux), et mis en place les fameuses Salineras. Ces 4500 puits de sel sont encore exploites aujourd'hui, et la visite vaut largement 1 heure de marche: les puits forment au soleil des motifs marrons, rouges, jaunes puis blancs au fur et a mesure que l'eau s'evapore. D'apres Sophie on dirait autant de moules a gateaux pleins de chocolat fondu et de creme a la pistache... Apres 3 mois de voyage, le manque de dessert commence a nous travailler serieusement...
    




La route du Macchu-Pichu...
 
La vallee sacree est la derniere etape avant la visite de l'incontournable Machu-Picchu. Pour arriver au site, on nous propose 3 possibilites. On peut eventuellement y aller a la journee depuis Cuzco, en prenant le premier train, puis le bus, et arriver sur le site vers 10H, apres le soleil et en meme temps que le gros de la foule... pas tres excitant. On peut aussi faire le fameux chemin de l'Inca, sur 4 jours. D’ailleurs tout le monde fait le trek de l’inca : en discutant avec n’importe qui a Cuzco, la question arrive toujours dans les 3 premieres minutes, « when is your Inca trail ? ». Pffff. On n’est pas tres bien places pour en parler puisqu’on ne l’a pas fait, mais d’apres les recits de ceux qui en reviennent, ce trek, qui etait une merveille, est devenu veritablement industriel. 250 personnes font le meme chemin tous les jours, et ces 250 personnes se retrouvent au meme campement tous les soirs.. On est 16 par groupe, les porteurs transportent de la biere en futs, des douches mobiles, une tente-chiotte, et il y a meme une discotheque en pleine montagne le dernier soir... beurk ! sans compter qu’il faut reserver au moins un mois a l’avance et payer un prix exhorbitant.




    
Salkantay, notre plus beau trek 
 
3eme option : faire un trek alternatif qui mene au Machu-Picchu. Faute d’organisation (on n’avait pas reserve « notre » Trek de l’Inca) notre choix se porte donc sur cette derniere solution, la moins courue mais qu’on ne regrettera pas. Le trek du Salkantay, 5 jours de marche assez rude entre hauts sommets enneiges et foret tropicale, qui se termine egalement au Machu-Picchu.
 
Le trek est extraordinairement varie : un trajet sur le toit d’un camion, une journee de 9 heures de marche, un col a 4600m (encore un !) avec des vues imprenables, une nuit glacee a moins-beaucoup-trop, un feu de bois pour se rechauffer, des ciels extraordinaires, le passage au pied du glacier du Salkantay et 2 heures apres, des paysages de jungles verte luxuriante et etouffante, des moustiques feroces (19 piqures sur la jambe droite de David), 2 bains dans des sources d’eau chaude naturelle pour remplacer les douches qu’on n’a pas... la traversee d’un fleuve sur une micro-nacelle suspendue a un cable... bref, beaucoup de diversite et un seul mot : magnifique.
 
Les photos du trek sont ici 




    
Machu-Picchu, la derniere citadelle Inca
 
Machu-Picchu. Le nom resonne un peu comme une formule magique. Perchee sur une montagne recouverte de vegetation luxuriante, c’est la seule ville Inca laissee intacte par les Espagnols... qui ne l’ont heureusement jamais decouverte. Ils tombaient mysterieusement malades en s’enfoncant dans la foret tropicale, et accusaient la brume aux alentours d’etre un gaz mortel, alors qu’ils succombaient tout simplement a la malaria. Du coup, toute cette zone est restee inexploree jusqu’au debut du 20e siecle.
 
On imaginait evidemment comme sur les cartes postales : noyee dans la brume, puis resplendissante au soleil. Pour eviter la foule et assister au lever du soleil a 6h30, il faut se lever tot et monter a pied (on a l’habitude !). Notre guide avait decide de nous laisser quelques peaux de bananes : il nous fait partir du bas a 5h30, alors que la montee dure 1h45 en theorie... Un bon coup d’accelerateur et on arrive en haut, a bout de souffle mais juste au bon moment, pour les premiers rayons ! Ensuite la magie du site s’opere... Difficile de ne pas etre banal ou grandiloquent : c'est magique au lever du soleil, c'est tres beau apres, et histoire de voir le site sous toutes les coutures, on a meme grimpe sur le pic d'en face, le Wayna Picchu, pour voir le site depuis le haut !
 
Le site comporte tout ce qu’on peut en attendre... moins tout ce qui en a disparu. Les terrasses verdoyantes sont la, les portes en trapeze aussi, les lamas au milieu des ruines... mais au chapitre des disparition, il manque : l’or sur les murs, les momies et les potteries, qui ont ete ramenes aux Etats-Unis par Hiram Bingham (qui a officiellement decouvert Machu-Picchu en 1911). Le clou : l’observatoire, dont il manque un morceau depuis le tournage d’un spot de pub pour une biere - un membre de l’equipe a brise un bon morceau de la pierre principale.
 
Quoi qu'il en soit, le site conserve un magnetisme qu'on n'a trouve nulle part ailleurs, et peut justifier a lui seul le voyage au Perou.



 



(04 Sept 2004)
PEROU: TOUT VIENT A POINT...
(a qui sait attendre) 


Avant / Apres: le Perou, ca defrise les couettes

    

      
 
Perou, je t'aime moi non plus
 
Amis en partance pour le Perou, vous revez peut-etre du voyage apres avoir vu les reportages de Nicolas Hulot ou Des racines et des Ailes : debarrassez-vous des idees recues et preparez bien votre sejour ! Apres 2 semaines au Perou, on commence tout juste a apprecier ce pays. Les paysages sont magnifiques et le temps est au beau fixe, mais sans vouloir jouer les rabat-joie, il vaut mieux arriver avec une bonne dose de patience (et de nonchalance), sinon on risque l’electrochoc.
 
Pour nous tout a commence de travers... des la sortie de l’Equateur : a Huaquillas, on tombe betement dans une arnaque a la frontiere, et on paye 8 dollars pour faire 2 km en taxi. Pas grand chose dans une echelle de valeurs a l’europeenne, mais en 1 mois ½ d’Equateur on ne s’etait pas fait avoir une seule fois (enfin pas de facon aussi evidente !). La suite n’a pas ete plus concluante : le lendemain matin, rebelotte: on se re-fait arnaquer dans la premiere ville qu’on visite, Trujillo : dans notre restaurant le prix du menu change entre la commande et la note ! A tete reposee, on en rigolerait surement, mais apres 3 nuits de bus (de nuit, donc) on devient un peu plus chatouilleux sur ce genre de details... On le savait : les distances n’ont rien a voir avec l’Equateur, et on est regulierement obliges de prendre des bus de nuit pour passer d’un endroit a l’autre. La mauvaise surprise c’est  qu’il nous faut au moins une journee de recuperation ; du coup on a vite l’impression de courir d’un bus a l’autre.


      
Et surtout, on arrivait au pays des Incas plein d’images et d’idees preconcues : persuades de visiter rapidement un bon nombre de sites incas, persuades aussi de voir des lamas et des alpacas partout... Or apres 2 semaines, rien de tout ca : en fait, la partie du Perou qui est connue chez nous ne represente qu’une minuscule partie du pays (la vallee de Cuzco), et les ¾ du pays ne sont pas incas, mais pre-inca (cf photo ci-contre de ChanChan, cite en argile dans le Nord du pays). Il faut aller dans les environs du Machu Picchu – soit la fin de notre sejour ici – pour trouver les fameuses citadelles  incas spectaculaires... Heureusement on ne s’est pas decourages, et apres ce debut un peu difficile, on a trouve des endroits superbes et des gens adorables, loin des cliches.



    
Huaraz : premier coup de coeur.
Apres une rapide visite de Trujillo, ville coloniale bruyante, et le site de ChanChan, on est alles chercher un peu d’oxygene dans la Sierra a Huaraz, une petite ville de trekkers situee entre 2 cordilleres magnifiques : la cordillere blanche, a l’Est, et la cordillere noire a l’Ouest. La Cordillera Blanca porte bien son nom : elle rassemble 50 sommets enneiges qui culminent tous a plus de 5 700 m (et dire qu’on n’en a pas un seul en Europe...). On se reveille le matin avec la vue sur les montagnes : les arretes sont effilees, les glaciers scintillent au soleil, c’est tout simplement splendide.
 
Pour s’approcher un peu des glaciers, on est partis pour 4 jours de trek en petite equipe : un guide, 2 autres randonneurs peruviens, un cuisinier et 3 anes (on ne se compte pas) pour porter les vivres et les tentes. Cette fois, on venait directement de la mer et le chemin culmine a 4800m, d’ou mal de tete et souffle court : on ne le refera plus !. Les paysages sont superbes entre les lacs d’altitude, les torrents plein de truites, les vues sur les glaciers et les pics qui nous entourent (photos). Dommage qu’on ait passe le col a 4 800m sous la grele... par contre on commence a se faire aux nuits a 4 000m... Best of des 4 jours : les truites fraiches pechees par notre cuistot, un coucher de soleil sur l’Alpamayo, et surtout les explications de nos copains peruviens sur la politique dans leur pays (ils ne s’ennuient jamais !) et leur mode d’emploi pour consommer la coca sans devenir un « drogadicto » .




Lima, on aime !

Lima, la capitale, est precedee de sa mauvaise reputation : bruyante, polluee, un peu dangereuse... Une reputation qu’elle ne merite vraiment pas d’apres nous. Le centre historique est plutot mignon avec des maisons coloniales a balcons en bois sculpte, des murs aux couleurs vives et des places fleuries et calmes (surtout le week-end). On s’est promenes dans les rues pietonnes et le parc de l’Exposition sans jamais se sentir observes ou genes... Cerise sur le gateau, on est arrives pour la fete de Santa Rosa, la patronne de Lima : la ville se transforme avec orchestres, deguisements, danses et processions dans toutes les rues. C’est colore et vivant !

Et surtout, les musees meritent le detour. Le celebre Musee de l’Or regroupe des milliers de pieces plus belles les unes que les autres, des tentures de 3x2m ciselees d’or ou des bijoux magnifiques. Le Museo de la Nacion est le plus interessant pour nous : par ses ceramiques, momies, maquettes de sites, il donne une vue generale sur les civilisations pre-incas et incas du Perou... parfait pour ceux qui ont rate quelques sites en arrivant dans le pays.
    




    
ICA : l’Afrique en Amerique du Sud
 
Apres Lima, direction le Sud, 1000km de cote avant d’arriver a Arequipa. A mi-chemin, on se frotte les yeux en croyant au mirage : par la fenetre du bus, la cordillere a fait place a une dune geante. Un desert de sable au Perou ! On ne reve pas : Ica, la capitale de la region et 1er producteur de vin (et de pisco) du pays, se situe en plein desert ! Dunes de sables a perte de vue, oasis verdoyants, on se croirait dans le sahara alors qu'on est toujours en plein milieu du pays inca.
 
Petite parenthese qui prouve que les reflexes sont toujours la... avant de gouter au plaisir du sable on n’a pas pu s’empecher d’aller visiter 2 bodegas et de gouter les vins du coin ! Bilan plutot mitige : les vins d’ici sont tres doux et licoreux... en plus ils utilisent un melange de Pisco et de mout de raisin pour les elaborer (sacrilege), on n’en dit pas plus sinon on va nous taxer de franchouillards primaires ! Du coup, on attendra le Chili pour s’acheter quelques bonnes bouteilles.
 
Bref, le veritable plaisir a Ica c’est bien le sable, et apres une journee dans le desert on est ivres de soleil et la tete nous tourne! Pour en profiter suivez le guide... En 1 : le buggy. 8 passagers bien harnaches, du sable plein les dents, on devale les pentes de sable... pied au plancher, le pilote nous emmene a toute vitesse d’une dune a l’autre : derapages, accelerations, sauts, on se croirait dans un grand huit ! Le bruit strident, ce n’est pas le moteur, mais les passagers qui hurlent... En 2 : le sandboard. Le buggy s’arrete en haut d’une enorme dune apres un dernier derapage, et tout le monde descend : c’est l’heure du sand-board, ou surf des sables ! Comme en snowboard, regular ou goofie, chacun chausse sa planche, un peu de « wax » (cire d’abeille) et c’est parti pour la descente... pas tres difficile, mais les sensations de glisse sont excellentes. Apres une dizaine d’allers-retours sur la dune, c’est le moment de rentrer... mais ce n’est pas encore fini : en 3 : le coucher du soleil (ca tombe bien on est juste a l’heure). Les ombres s’allongent, le desert est silencieux et les motifs sur le sable virent a l’orange ; on attend que le soleil disparaisse peu a peu (voir les photos)... avant de retourner a Huaccachina, l’oasis, ou un bon pisco-sour nous attend... des journees comme on en aimerait plus souvent ! Il a quand meme bien fallu raisonner David qui s’amusait comme un petit fou et qui etait pret a rester ici une semaine entiere.



Conclusion... a mi-chemin, pas encore de sites Incas, mais une capitale qui nous a finalement charmes ; pas encore de lamas dans les hautes herbes, mais des dunes de sable geantes et de la glisse dans le desert... le Perou comme on ne s’y attendait pas, mais on commence a bien s’y faire. Les prochaines semaines devraient nous permettre d’explorer la partie la plus « classique » du pays, des mysterieuses lignes de Nazca jusqu’au Machu-Picchu : de quoi nous mettre en appetit !