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--- BOLIVIE ---
 
Octobre 2004


 Carnets de route
C'est juste en-dessous
 La Bolivie en images
 Bolivie: le pays


BOLIVIE : CHANGEMENT DE DECOR
(29 Oct 2004)

    
 
 
 
Depuis Cuzco au Perou, voilà maintenant 1 mois ½ qu’on est au-dessus de 3600m a arpenter les chemins de la Cordillere des Andes, et apres notre dernier trek on a une grosse envie d’ echanger nos chaussures de marche pour des claquettes de plage. La mer, ca n’existe plus depuis que la Bolivie a perdu la guerre du Pacifique contre le Chili (1904)... Heureusement au nord du pays, on peut trouver des endroits ou il fait beau et chaud (et humide !). La ville de Rurrenabaque, au bord du Rio Beni, nous attend pour quelques jours de detente au milieu de fleurs exotiques et d’animaux sauvages.


En route pour la pampa !
 
On se rend vite compte qu’on va devoir  meriter notre sejour au soleil... Entre les premieres heures a zigzaguer sur la fameuse route de la mort, les pauses-repas a rallonge et les arrets aux postes de controle anti-drogue, il faut 20h de bus pour couvrir 250km ! Dans cette region, les champs de coca sont caches partout au milieu de la jungle et le gouvernement fait la chasse aux trafiquants : du coup, entre 19h et 2h du matin, les militaires fouillent 3 fois le bus a la recherche de composants chimiques ou de materiel pour fabriquer la drogue...
Enfin, le voyage se termine et on arrive a Rurrenabaque au petit jour pour vivre notre premier choc thermique : dehors, il fait 36 degres et il est seulement 5h30 du matin !


    
la Pampa a Rurrenabaque
 
Bienvenue a « Rurre »... Ou plutot ‘Zuze’ : les habitants ne roulent pas les ‘r’. La ville est petite et pleine de charme : ici on vit doucement, au rythme lent du Rio Beni... de toutes facons avec la temperature qu’il fait, il vaut mieux ne pas trop s’agiter ! Pas de risque de ce cote, puisqu’on va passer 3 jours assis au fond de la barque, avec un beau programme en perspective : observation de singes et d’oiseaux, mais aussi gros crocos, anacondas et peche aux pirañas...


    
Nous partons donc en pirogue pour pouvoir s’approcher au maximum de tous ces animaux. Le fleuve est couleur de boue et zigzague au milieu d’une vegetation abondante, mais pas trop etouffante. Les rives du fleuve, bien degagees, permettent de voir les animaux de tout pres : apres quelques heures dans la barque, on ne compte plus les brochettes de tortues etalees sur des troncs, les oiseaux du paradis (sorte de punks a plumes), les aigrettes graciles, les petits singes jaunes peu farouches et les Capuccinos farceurs, et surtout les capivaras : une sorte  de hamster enorme qui atteint les 60kgs, et dont les anacondas se regalent d’apres notre guide. 




Les crocodiles.
 
Ensuite place aux choses serieuses : on est aussi venus pour voir les crocos. De ce cote-la pas de deception, on va en voir des centaines pendant ces 3 jours, toujours silencieux mais bien presents. Parfois une forme allongee sur la rive qui se chauffe au soleil, parfois une paire d’yeux cachee dans l’eau, qui suit la barque du regard... La journee, les crocodiles sont plutot calmes, mais a la nuit tombee ils partent tous a la chasse : on a pu le verifier au cours d’une promenade de nuit en pirogue, a la frontale... Sensations garanties! Tout ce qu’on voit ce sont des dizaines de paires d’yeux rouges, quasiment immobiles, mais on entend parfois de gros mouvements dans l’eau et des bouillonnements... Heureusement apres 2H sur l’eau, on se rend bien compte qu’ici ce sont les moustiques les plus voraces.
 
Il ne nous restait plus qu’a voir une anaconda, et a pecher suffisament de pirañas pour en faire un diner... Cote anacondas c’est rate, ainsi en avait decide la meteo : a la place, on s’est pris une averse tropicale monumentale qui nous a trempes jusqu’au bout des doigts de pied (on comprend que les serpents ne soient pas sortis)! La peche aux pirañas a ete plus fructueuse, et on a reussi a manger le soir... enfin heureusement que  le menu comprenait aussi des pates parce que le piraña a un appetit beaucoup plus grand que sa taille !
    



Sensations nocturnes...
Au campement, on dort a l’abri des moustiquaires, mais ca n’empeche pas les bruits de la foret d’etre omnipresents et parfois un peu impressionnants. Tous ces animaux font un brouhaha terrible : les singes hurleurs rugissent un peu comme des lions, certains oiseaux imitent les vaches, tout ca piaille, hulule, roucoule... et meme si on ne sait plus qui est qui, c’est toujours une sensation extraordinaire de se reveiller au milieu des bruits de cette faune exuberante.
 
Un dernier detail... la pampa, on adore pour les animaux (voir les photos); mais cote confort c'est plutot rudimentaire (il vaut mieux le savoir)... Et a force de pirogue, on a encore des bleus aux fesses apres une semaine. D'ou un petit conseil a ceux que ce type d’aventure tente: n’oubliez pas les coussins !
    


 
Potosi et ses mines d'argent
 
Apres le retour a La Paz, non pas en bus cette fois-ci mais en avionnette 12 places (qui nous a permis de survoler la pampa et la cordillera real), nous partons pour le sud du pays vers la ville de Potosi.



    
En arrivant, la premiere chose qu’on apercoit est une immense colline conique, qui se dresse derriere la ville de Potosi. Cette montagne merite bien son nom de « Cerro Rico » (la riche colline) : elle est truffee de mines d’argent, et les habitants pretendent qu’avec tout le minerais qui en a ete extrait, on pourrait batir un pont en argent entre Potosi et l’Espagne ! Les mines de Potosi representent une partie majeure de l’histoire bolivienne. Pendant 3 siecles, un nombre incalculable de tonnes d’argent en ont ete extraites par la couronne espagnole, employant cruellement (et de force) 8 millions d’esclaves indiens et noirs qui ont laisse leur vie dans les mines. Cette exploitation a outrance a permis a Potosi de devenir une des villes les plus importantes du monde a cette epoque, depassant Paris, Londres ou Seville en richesse et en nombre d’habitants.

 
Aujourd’hui, on peut visiter ces mines, encore en exploitation, pour imaginer leur histoire passee et se rendre compte des conditions actuelles du travail des mineurs.  A force d’etre creusee de toutes parts, le Cerro Rico est devenu une sorte de gruyere geant, exploite aujourd’hui par des cooperatives (les mines n’appartiennent plus a l’etat). L’argent a fait place a l’extraction d’etain et de zinc, plus rentables, et 3.000 mineurs y travaillent encore… La visite dure 5 heures et nous fait descendre 4 niveaux (il y en a 35 en tout, rien que dans cette partie de la mine !). On y rencontrera notamment des statues d’ « El Tio », le diable, en qui les mineurs voient un allie : il serait le possesseur de toutes les richesses souterraines, aussi ils le respectent et lui font des offrandes en echange de sa protection.


Descente en enfer
Avant la visite des mines, on passe par l’epicerie du coin, qui vend…de la dynamite, des meches, des lampes, de l’alcool et de la coca ! Tout cela est legal a Potosi… et nous voilà avec un baton de dynamite dans une main (avec meche pour faire une belle explosion) et une bouteille d’alcool a 96 degres dans l’autre : ces cadeaux seront surement apprecies par les mineurs. Puis, en tenue de combat (bottes, casque et lampe frontale), on entre dans le trou ! Une fois la-dedans, on progresse en file indienne dans des boyaux etroits : penches, accroupis… ou rampants. Au fur et a mesure qu’on descend, la temperature monte, l’ambiance devient assez oppressante et on oublie l’exterieur pour se concentrer sur l’essentiel : respirer !

 
Au fil de la descente, on croise des equipes de mineurs… et c’est assez ahurissant.  Les conditions de travail sont dignes des recits de Zola. Sans protection sur le visage, les mineurs respirent 10H par jour un air vicie qui leur donne la silicose apres quelques dizaines d’annees. Ils travaillent torse nu, parfois par 40 degres, dans des cavites etroites. Pour toute nourriture, la coca, qu’ils machent toute la journee pour se donner des forces ; aucune machine pour les aider : le travail est purement manuel, et les monte-charges n’ont pas ete remplaces depuis des decennies (d’ailleurs une serie de greves paralyse le pays pour demander leur modernisation). Apres 8 a 12H de travail consecutives, ils ressortent epuises et hagards… on comprend que leur esperance de vie soit inferieure de 15 ans a la moyenne.
    



La descente dans les mines de Potosi ne laisse pas indifferent, et on en ressort avec l’impression d’avoir assiste a un chapitre de ‘Germinal’... en esperant comme eux (sans trop y croire) que ‘le gouvernement y change quelque chose’.


    
UYUNI : bienvenue ailleurs

Voilà un coin dont on revera encore longtemps: le circuit d’Uyuni contient surement certains des plus beaux paysages du globe. Dans cet endroit totalement desertique, au sud de la Bolivie (a la frontiere avec le Chili), la nature pleine de fantaisie a créé des panoramas spectaculaires, presque irreels et d’une grande beaute. Cette region glaciale et isolee ne se visite qu’en 4x4, sur 3 ou 4 jours ; on se frotte beaucoup les yeux pendant ces quelques jours, autant a cause du vent et du froid que parce qu’on a du mal a croire ce qu’on voit.



    
Le salar d’Uyuni

Le voyage commence par la decouverte du salar d’Uyuni, le plus grand desert de sel au monde. Les « salares » sont les seuls endroits de la planete ou rien ne vit : le sel empeche les plantes de pousser, donc les animaux ne vivent pas ici non plus...
Le salar lui-meme est une immense etendue blanche comme de la neige ; le ciel et les nuages (rares) s’y refletent comme dans un miroir ; au loin les « iles » semblent flotter, comme en apesanteur, et on a l’impression magique de se promener en plein ciel !
 
 
 
En descendant du 4x4 on se rend compte que les blocs de sel forment des dessins geometriques, des polygones qui s’etendent a l'infini. Des milliards de tonnes de sel sont la, a portee de la main: pas etonnant qu’ici les 50kg de sel purifie et iode se negocient a moins d’1$ ! Par contre on peut faire avec le sel des choses plus surprenantes, comme... un hotel par exemple! On a eu la chance de dormir dans un de ces fameux « hotels de sel », et on vous assure que tout est bien en sel (Sophie a leche les murs). Table en sel, chaises en sel aussi, des etageres en sel... et meme un lit en sel. Bonne surprise quand meme : le matelas etait bien en plumes.



A part ca, le principe du circuit est simple : on se deplace en petit groupe de 6-7 personnes, en hebergement sommaire et dans un froid polaire, mais au milieu de paysages somptueux. On ne veut pas gacher le suspense en detaillant toutes les merveilles de cette region : autant laisser parler les photos...



Pour ceux qui iraient faire un tour dans cette region, vous pouvez vous attendre en 3 jours a :
  • Observer des flamants roses un peu fous installes a 4.000m au bord d’une lagune emeraude
  • Grimper au sommet de l’ile aux cactus pour prendre la mesure du salar aux alentours
  • Voir passer au beau milieu du salar un Allemand a velo (aussi fou que les flamants)
  • Apercevoir au loin les fumerolles d’un volcan
  • Se prendre pour un oiseau et jouer dans le vent au bord d’un lac rouge (tres rouge)
  • Manger des pates et encore des pates
  • S’inquieter en entendant le moteur du 4x4 s’etouffer au milieu du desert
  • Dormir dans un hotel de sel et avoir tres froid (-15º la nuit !)
  • Observer El arbol de piedra, une formation rocheuse etrange au milieu du desert
  • Evoluer au milieu de jeysers en se gelant au lever du soleil, puis
  • Se rechauffer les pieds dans des eaux thermales...

 




    
 
 
Bref, on a eu un peu la meme impression qu’aux iles Galapagos (Equateur) : chaque journee compte double tellement on s’en met plein les yeux, et on a termine le circuit en se demandant si on n’avait pas reve tous ces paysages... mais en etant surs d'avoir inspire une enorme bouffee d’air frais, tres frais !


 

 


BOLIVIE, LE TIBET DES AMERIQUES
(14 oct 2004)



   

Le lac Titicaca, berceau des civilisations andines


Nous voici en Bolivie, le pays d'Amerique ou la cordillere des andes est la plus large et la plus aride. Nous entrons dans le pays par le lac Titicaca, a la frontiere de la Bolivie et du Perou. C'est le lac navigable le plus haut du monde (3 800 m), et il est tellement immense qu'en navigant, on perd souvent de vue la cote, et on se croirait plutot en croisiere sur la mediterrannee... si l'air n'etait pas si glace !

Les eaux sont sombres et semblent sans fond; par contraste le ciel est d'une clarte unique et la nuit on se regale a regarder les etoiles. On comprend que ce lac ait fascine les civilisations pre-colombiennes. D'apres la legende, c'est au coeur du Titicaca que sont apparus d'un cote les premiers Incas, de l'autre cote Viracocha, le dieu barbu des Aymaras (le peuple des andes Boliviennes). Les deux peuples se sont donc cotoyes ou affrontes selon les epoques, sur les bords du lac. D'ailleurs, un peuple minoritaire -les Uros- en ont eu marre de ces confrontations et ont tous simplement decide de dedier leur existence a des iles flottantes ! On ne parle pas de desserts a base d'oeufs, mais de veritables iles artificielles de plusieurs km2, faites de tiges de totora (une herbe creuse), et qui flottent sur l'eau... les Uros ont construit leurs maisons dessus! Ils amarraient leurs iles au fond du lac, et regulierement changeaient l'ile de position (a la rame) lorsqu'ils etaient menaces!

Evidemment leurs iles (situees cote peruvien) sont devenues assez touristiques, et la visite a 25 entasses dans une coque de noix merite un "peut mieux faire"... ca vaut quand meme largement un coup d'oeil, d'autant que les Uros continuent a vivre sur ces iles et se deplacent dans des barques de totora, aux formes tres travaillees et un brin guerrieres comme des dragons ou des serpents...

Le cote Est (Bolivien) du lac est plus preserve et plus authentique: on le recommande a ceux qui n'ont pas le temps de voir les 2 cotes. On y trouve notamment l'Ile du Soleil, ainsi nommee par les incas parce que le Dieu soleil y serait ne et aurait envoye son fils, le premier inca, pour creer l'empire. Cette ile est tout simplement magnifique : avec les degrades de bleu/vert de la mer (pardon le lac) et le bleu du ciel on se croirait en Crete. A cause de son histoire, l'ile est couverte de vestiges pre-colombiens et la traversee a pied du Nord au Sud est sauvage et spectaculaire... les photos sont ici.



On a conclu cette petite escapade a Copacabana, devant une enorme truite saumonee du lac Titica: au four, un vrai delice... Un petit extra pour feter a distance la naissance de notre niece Lisa, le 27 septembre 2004, et lui souhaiter la bienvenue !


LA PAZ et ses environs
Apres ces quelques jours de depaysement a l'ecart de la foule, nous partons vers la Paz. La capitale de la Bolivie est perchee a 4000m, mais ce n'est pas franchement l'air pur des hauteurs... Elle est au fond d'une cuvette, les riches en bas et les pauvres en haut. Presque toutes les rues sont en pente (terribles pour le coeur), du coup tous les taxis et colectivos de la ville vous arrosent de gaz d'echappement pour pouvoir les remonter a fond de 1ere.
Bref, avec ses 2 millions d'habitants (sur les 8 millions pour toute la Bolivie!), elle est bruyante, sale, hyper polluee... et pourtant on lui trouve du charme. Ca vient sans doute de la vue imprenable sur les montagnes environnantes: la Cordillere Royale se situe seulement a 1 heure du centre-ville; les vues sur l'Illimani (6 400m) et le Huayna Potosi (6088m) -les gardiens de la ville qu'on apercoit parfois entre 2 tours- font un peu oublier les klaxons.
    


Nos coups de coeur, des petits tresors dont La Paz regorge et qu'on decouvre si on prend le temps de chercher:
  • Le "musee du littoral". On s'est d'abord frotte les yeux en voyant le nom, puisque la Bolivie n'a pas d'acces a la mer! Le musee rappelle comment le Chili a annexe les 200km de cotes Boliviennes au debut du 20e siecle, et milite pour que cette partie du littoral lui soit restituee... d'ailleurs c'est d'actualite, puisqu'en ce moment la Bolivie reclame au Chili la souverainete absolue sur le port d'Iquique (actuellement Chilien), afin de recuperer un acces a la mer.
  • Le parc-mirador sur une colline qui surplombe le centre-ville, plein d'enfants le dimanche apres-midi
  • Le musee de la coca, la celebre feuille andine qui declenche tant de polemiques... mais on en a deja parle au Perou
  • Le musee des instruments de musique est une perle. Cree par un inventeur un peu fou, maitre du Charango (la mini-guitare des andes) qui n'hesite pas a creer un charango/flute de pan dans la carapace d'un tatou, et plein d'autres instruments insolites... Cerise sur le gateau: on peut essayer quelques-uns de ses instruments delirants!.


  • Enfin, la vallee de la lune, sorte de grand canyon... en version miniature (donc "petit canyon"?), a 1/2H du centre-ville: l'occasion de se ballader dans des paysages irreels, au milieu de cheminee de fee et de specimens du fameux cactus hallucinogene, le San Pedro, utilise par les chamanes pour communiquer avec la terre mere... La nature aussi a du en absorber une bonne dose pour creer des paysages pareils...
    



   
"La route de la mort" en VTT

La Route de la Mort (majuscules)... depuis notre entree en Bolivie on en entendait parler; on avait vu des colonies de touristes avec des T-shirts "I survived the Road of the Death", bref c'est le fond de commerce des agences de voyages de La Paz. En fait c'est une immense descente scabreuse et magnifique jusqu'a Coroico, depuis 4800m d'altitude (point de depart) a 1300m... Elle ne merite plus vraiment sa mauvaise reputation puisque, suite a des accidents dramatiques par le passe, la descente est tres encadree: on se croirait un peu au tour de France... VTT de competition, un guide-cycliste avec nous tout le long de la descente, lui-meme en communication talkie-walkie avec la camionnette-relais qui nous suit avec un stock de chocolat, vetements et velos de rechange... ! Bref, c'est or-ga-ni-se.
 
Par contre la descente est vraiment belle; apres 1H de bitume et de virages serres dans des paysages de montagne a couper le souffle, et une "petite cote" la ou on ne l'attend pas (a 4300m), la route devient une piste en terre et on change de paysage... On passe les 4H restantes a flanc de ravin, au milieu de vegetation tropicale, avec des camions et des bus qui essaient de se doubler ou de se croiser... Fun !


Cordillere Royale et HUAYNA POTOSI, premier 6.000m




    
Apres quelques jours a La Paz, on avait l'impression que les 2 sommets aux alentours n'en finissaient plus de nous narguer... Le moment etait venu pour tenter notre premier 6.000m. Mais lequel ? Illimani, 6.400m et assez technique, ou le Huayna Potosi, 6.088m plus accessible ? Pour ne pas brusquer les choses, on opte pour la 2eme solution... et la suite nous a donne raison: "accessible" n'a vraiment pas la meme signification ici que chez nous! L'agence nous propose donc un trek "sur mesure". Objectif: le Huayna Potosi, avec un trek d'altitude de 6 jours dans la Cordillere Royale pour se mettre en conditions, et un sommet intermediaire plus technique au milieu de la semaine: l'Alpamayo Chico (5.350m).

Pas facile de retranscrire l'ambiance "haute-montagne" de ce trek... Les premiers jours, les marches d'approche nous donnent des vues imprenables sur les glaciers crevasses qui scintillent au soleil (cette fois le beau temps ne nous lache pas); l'ensemble de l'itineraire est completement sauvage, et on ne croise quasiment personne en 6 jours; on campe au milieu de steppes desertes et enneigees, a cote de lacs aux eaux pures dans lesquels la cordillere se reflete comme dans un miroir; on croise parfois les habitants de la region: lamas, anes et biscochas, une sorte de lievre dote d'une tres longue queue qui court trop vite pour etre pris en photo!...

Par contre l'acclimatation est une autre histoire... le trek est tres physique, plus que ce qu'on avait imagine; les nuits sont glacees, on dort chaque soir a plus de 4600m sans jamais redescendre. Du coup David dort environ 3H par nuit, sans doute a cause du manque d'oxygene qui provoque des apnees; pour Sophie, c'est  un mal de tete severe qui se declare au 3eme jour; le paracetamol et le mate de coca a haute dose n'y changent rien ou presque jusqu'a la fin du trek!
 
Et puis, faire un "double" (deux sommets en 3 jours) signifie se lever 2 fois a 1H du matin pour 9H de marche sur glacier avec crampons, piolets... Avis aux amateurs, si la formule vous tente, ne sous-estimez pas la difficulte et soyez prets a en baver... mais aussi a vous en mettre plein les yeux avec des levers de soleil et des mers de nuages epoustoufflants!


Bilan des courses:
Sophie a eu des bons apercus des sommets... mais n'a pas pu mettre le pied dessus: arret au pic Tarija, juste avant le petit Alpamayo, pour cause de gros mal de crane; au Huayna Potosi, demi-tour vers 5.600m: meme cause memes effets. Grosse deception, maintenant il faudra attendre le Nepal pour reessayer... David a pu continuer a se fatiguer tout seul, pour arriver epuise mais heureux jusqu'aux 2 sommets. Dommage de n'avoir pas pu partager ces moments. Sommet en solo, moins rigolo !
 
Malgre tout, une aventure extraordinaire et des vues uniques. Laissons parler les photos...
 
1-les habitants de la cordillere, 2-miroir mon beau miroir, 3-au pic des Autrichiens (5300m) devant le Huayna Potosi,
4-Sophie arrive au pic Tarija, 50m avant l'Alpamayo, 5-camp de base du Huayna, ambiance expedition...,
6-dernier mur de glace avant le sommet du Huayna, 7-Mer de nuage, la recompense, et 8-David enfin au sommet !
Toutes les photos sont ici